AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 my brain is slowly bustin'

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Invité
avatar
Invité


Dans my brain is slowly bustin'
Le Mer 12 Juin - 21:59

cette fiche est une vraie daube, pardon chromie.
je te trahis deux foiis.


my baby's stuck
on a road that
leads to nowhere


mildred jarvis
quarante-trois ans
née le trente-et-un janvier à fairbanks en alaska
représentante et membre du c.e. de microsoft


Quand Mildred eut sept ans, elle a voulu marcher sur le lac gelé à côté de chez elle. Elle n'a pas fait deux pas que déjà ses pieds glissaient et ne la retenaient plus au sol. Tout son corps s'est entraîné dans une chute certaine : ses jambes, son dos, sa tête, ses cheveux comme irrémédiablement attirés à terre. Elle ne s'est pas relevé tout de suite : elle est restée longtemps à regarder le ciel, allongée inerte sur la glace jusqu'à ce que le fils des voisins qui l'avait vu de sa fenêtre, vienne la ramasser.
Mildred lance des fléchettes sur le plafond de sa cuisine et attend qu'elles retombent en attendant que tombe la nuit. Mais ici, dans le grand nord blanc, le soleil ne se couche pas avant trois mois alors elle lance encore et encore des fléchettes sur le plafond tandis que jamais la nuit ne vient. Elle s'enfonce parfois entre les couvertures de son lit et imagine le monde si elle n'existait pas. Ses parents n'ont pas d'enfants et depuis toujours, la chambre à l'étage n'est qu'un bureau. Son père prépare du thé : pour sa femme et pour lui. Ils viennent de promener le chien qui s'est maintenant assis, silencieux, aux pieds de la table — par peur sa mère n'avait plus voulu d'animaux à la naissance de sa fille. Elle n'arrive pas à les imaginer malheureux.
Parfois quand elle mange, les fléchettes du plafond tombent et s'écrasent dans sa soupe.

Au-delà des yeux amers de Mildred, les lacs se soulèvent dans la brume.
Mildred a la nausée. Elle se sent continuellement emportée par un bateau qui tangue et est sur le point de faire naufrage. Elle a le mal du pays, le mal du monde qui monte en elle comme montent les vagues et la mer. Mildred pense que toutes les thérapies de tous les médecins ne la sauveront pas alors pour soigner ses migraines elle plonge sa tête sous l'eau du robinet, elle fait le tour de son appartement gris et regarde l'écran de sa télévision qui refuse de s'allumer. Mildred fait le tour de son appartement et sent la fièvre la faire trembler à chacun de ses pas.
Elle avait dix-huit ans lorsqu'elle a quitté l'Alaska. Elle a fait des études de gestion dans une grande université des Etats-Unis. Microsoft l'a embauché quelques années plus tard. Elle a rencontré Ray. Ils se sont installé ensemble et tout aurait pu aller de soi. Mais Mildred s'allonge sur les lacs gelés et ne veut plus se relever. Elle lance des fléchettes sur le plafond de sa cuisine et imagine qu'elle n'existe pas.
Ray ne l'a pas cru quand elle lui a dit qu'elle partait. Personne ne croit plus rien de Mildred. Personne ne la croit plus lorsqu'elle parle de l'année qu'elle a passé à traverser l'Atlantique en voilier. Personne ne croit réellement qu'à vingt-cinq ans elle a voyagé à travers l'Amérique en travaillant pour un cirque. Personne ne la croit plus quand elle s'exclame être atteinte d'une grave dépression. Personne ne croit Mildred lorsqu'elle se présente comme membre du comité d'entreprise de Microsoft.
Un jour peut-être a-t-elle été amoureuse de Ray. Il lui semble parfois, quand elle le regarde, que ses souvenirs lui ramènent dans la marée le sensation vague d'une réminiscence, comme celle de regarder un film qu'elle aurait déjà vu une centaine de fois auparavant. Ray est resté le même homme qu'elle a connu il y a des années : il sourit encore quand elle s'effarouche et lui dépose toujours un baiser à moitié dans ses cheveux, à moitié sur son front lorsque le matin, elle s'en va.
Mildred s'est nié. Et Ray comme tout le reste, comme les stalactites qui pendent du toit de la maison de son enfance, comme toute la neige qui ne tombe pas en Alaska, tout ça n'est qu'un élément décoratif de plus de sa mémoire.
Elle est partie et s'est installé dans un minuscule appartement à New York avec une unique fenêtre opaque qui laisse à peine entrer la lumière. Il y a du plâtre qui s'effondre des murs et de la poussière sur tous les meubles du salon. Aujourd'hui encore, Mildred paie le loyer de ce trou à rats à peine assez grand pour respirer.
Parce que cet espace déconfit qui s'effondre, qui tremble autant de fois que passe le métro, seule face à l'écran de la télévision qui ne marche pas, c'est encore là où elle se sent le mieux.
Mildred rit fort ou elle ne rit pas. Elle parle vite et beaucoup. Elle s'énerve pour un rien et personne ne fait plus attention à ses colères. Pourtant au fond, tout au fond, Mildred ressent encore tout son être basculer et s'échouer sur d’innombrables lacs gelés.

king lear
twenty out of twenty would recommend
rageuse tg
je préfère laisser anneliese en de meilleures mains


Millie garde un œil sur tous les androïds qui ont, de près ou de loin, un lien avec la compagnie qu'elle représente.
Et elle a autre chose à faire que de rejoindre leurs rangs. C'est une femme très occupée.



nowhere nowhere
nowhere nowhere
nowhere
Revenir en haut Aller en bas
avatar
ADMIN | PNJ

MESSAGES : 152
MÉTIER : Chercheur en microtechnologie
PUCE : Google Chrome

Dans Re: my brain is slowly bustin'
Le Dim 16 Juin - 14:56

c'est la meilleure fiche que j'ai jamais lue de ma vie
lol jk
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

my brain is slowly bustin'

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Casus Belli :: L'App Store :: Le Store :: Application installée avec succès+